Les médias sociaux d’Andrew Locker regorgent de photos de paysages merveilleux de l’Ontario. Une rivière tranquille dans l’Upper Grand Trailway. Un réseau complexe de racines d’arbres exposées dans la zone de protection de la nature de la Gorge d’Elora. Une quenouille surplombant un étang dans les milieux humides d’Orangeville, et un bouquet de baies rouges ornant un sorbier. « Je fais beaucoup de randonnées. J’aime marcher. J’aime les promenades urbaines. J’aime les promenades à la campagne. J’aime la nature sauvage », confie-t-il. Pour Andrew, la randonnée est une expérience méditative. « La thérapie par la nature m’aide beaucoup, car lorsque je suis au cœur de la beauté, je peux la voir partout autour de moi, y compris en moi », dit-il.
Pour Andrew, c’est un défi de voir la beauté en lui-même. Il a passé une grande partie de sa vie à se sentir mal à l’aise, seul et indigne.

L’origine de ce problème remonte à son plus jeune âge. Il a perdu sa mère naturelle alors qu’il n’avait que trois mois. Bien qu’il ait été trop jeune pour s’en souvenir clairement, il pense que cela a laissé sur sa psyché une marque traumatisante qu’il a toujours essayé de comprendre. « La littérature et la recherche nous ont révélé qu’il existe un degré élevé d’attachement entre un nouveau-né et sa mère », fait-il observer.
Il a été élevé par la soignante que son père a fini par épouser. « Elle est toujours ma mère aujourd’hui… J’ai donc une mère biologique et une mère qui a fait partie de ma vie depuis l’âge de quelques mois jusqu’à maintenant à la fin de ma quarantaine », explique-t-il. Pourtant, lorsque sa vie de famille a retrouvé une certaine stabilité, Andrew s’est senti déstabilisé.
Il dit qu’il était un « petit gars costaud » qui était mal à l’aise dans ses rapports sociaux. « J’avais l’impression d’être étrange, j’étais différent de mes pairs », confie-t-il. « Je n’arrivais pas à savoir pourquoi. »
Il s’est en quelque sorte laissé aller à l’étrangeté qu’il ressentait. Il essayait de faire rire ses camarades de classe en faisant des bêtises avec la nourriture, en mangeant par terre ou en les encourageant à lui jeter de la nourriture. Ils l’ont surnommé « Piggy Wiggy ». « J’étais loin de me douter qu’il s’agissait là d’un présage, ou d’une prémonition de quelque chose qui arriverait plus tard dans ma vie », réfléchit Andrew. Il lutte contre l’obésité et l’hyperphagie boulimique depuis qu’il est à l’université.
Andrew se souvient que son refuge était sa musique. Il a commencé à prendre des leçons de piano vers l’âge de huit ans, puis a ajouté la clarinette en septième année, suivie du saxophone ténor. « J’ai chanté dans des chorales. J’ai joué dans des orchestres. Je jouais dans un groupe. Durant mon enfance, mon adolescence et au début de l’âge adulte, c’était mon monde », affirme-t-il.
C’est dans la musique qu’il a trouvé une communauté. « C’est là que j’allais trouver de l’amour, de la compassion et de l’empathie », dit Andrew. « Ça allait être mon espace sûr. Même lorsque j’ai grandi et que j’ai atteint l’adolescence, je me sentais en sécurité dans la salle de musique [avec] d’autres personnes comme moi qui partageaient une passion commune pour la musique. Il y avait une camaraderie dans le fait d’être “les geeks du groupe de musique“ », dit-il. « C’était comme une source de fierté pour nous. »
À l’école secondaire, il a également commencé à se rendre compte que quelque chose d’autre le distinguait de ses camarades. « J’ai toujours su que j’étais différent. Puis, une fois que j’ai eu le langage nécessaire, j’ai su que j’étais gai », explique-t-il. Dans son milieu rural ontarien, il ne connaissait personne à qui parler de ses sentiments. Il se sentait obligé de masquer sa véritable sexualité.
C’est à l’université qu’il est vraiment « sorti du placard » et exploré plus ouvertement sa sexualité. Mais entre l’anxiété sociale et la liberté illimitée que lui procurait le fait d’être loin de chez lui, il s’est retrouvé à manger des quantités « ridicules » de nourriture. Il plaisante en disant qu’il n’a pas gagné les habituels 7 kilos du nouvel étudiant, mais plutôt près de 23 kilos. Récemment, lorsqu’il a retrouvé ses anciens colocataires pour une réunion d’anciens élèves de l’université, il leur a raconté comment à Noël, il avait déjà utilisé toute son allocation de repas. C’est alors qu’a commencé une période d’hyperphagie boulimique qu’il doit encore gérer, en combinant thérapie et médicaments.
Il a obtenu un diplôme en éducation musicale et en histoire, puis il a commencé une carrière en éducation, qui le passionne. Les premières années, il a enseigné la musique au niveau élémentaire et d’autres matières, puis il a progressé dans le système scolaire pour devenir administrateur. Il dit qu’il est un enseignant dans l’âme, ce qu’il croit tenir de sa mère biologique, qui était elle-même enseignante.
Si sa vie professionnelle a décollé, sa vie privée s’est révélée décevante. En tant qu’homosexuel dans un corps plus imposant, il avait encore du mal à s’intégrer. Il est sorti avec des amis dans le village gai de Toronto, souhaitant rencontrer quelqu’un avec qui il pourrait partager sa vie. « Je ne me suis jamais senti accepté là. Je n’étais pas la manifestation physique de ce que les autres homosexuels recherchent », affirme-t-il. Les échos de la maladresse et de la honte de sa jeunesse semblent le suivre. Il se souvient qu’un homme lui a dit : « Tu es vraiment mignon. J’aimerais être avec toi, mais je ne peux pas être avec quelqu’un qui ressemble à ça du cou jusqu’en bas. »
« C’était repoussant pour cette personne », se souvient tristement Andrew.
Il a récemment écrit une lettre à son ancien moi, celui qui aspirait à être accepté par la communauté gaie de Toronto. Cela faisait partie d’un projet intitulé « Vivre avec l’obésité » pour l’organisme « Obesity Matters », qui éduque et défend les personnes obèses. On peut lire cette phrase dans sa lettre : « Les gens disent toujours qu’il faut d’abord s’aimer et s’accepter soi-même avant d’attendre des autres qu’ils nous aiment et nous acceptent. Et c’est vrai. C’est facile à dire, mais difficile à faire. »

Son thérapeute lui a un jour demandé d’apporter une photo de lui lorsqu’il était au primaire et de décrire le garçon sur la photo. Les mots qu’il a utilisés étaient cinglants et haineux. La leçon, elle, lui a ouvert les yeux.
« J’ai été si méchant en me décrivant sur cette photo », déclare-t-il. Il s’agissait d’une photo de lui avec son professeur de sixième année qui lui remettait un prix à l’occasion de la remise de son diplôme. Il se trouve que ce professeur est l’une des personnes qu’il considère comme étant les plus influentes de sa vie, après ses parents. C’est ce professeur, dit-il, qui l’a incité à devenir lui-même éducateur. Ce moment aurait dû être une source de fierté. Au lieu de cela, Andrew s’est monté impitoyable pour le garçon qu’il a été.
Il s’est rendu compte qu’il ne songerait jamais à s’adresser ainsi à ses propres élèves. Cela lui a rappelé qu’il méritait la même compassion que celle dont il fait preuve à l’égard de ses élèves.
Andrew y travaille toujours, et en même temps, il apporte ce mantra quotidien de pleine conscience aux autres en donnant l’exemple.
Il a d’ailleurs trouvé quelqu’un avec qui partager sa vie. En fait, lui et son partenaire depuis 13 ans ont adopté un fils adolescent. Récemment, ils se sont mariés lors d’une petite réunion de famille.
En plus de son travail professionnel d’éducateur, Andrew fait partie du conseil consultatif d’« Obesity Matters », contribuant à orienter le travail de l’organisme de manière à reconnaître l’éventail d’expériences des personnes obèses.
Ce qu’Andrew ressent à propos d’« Obesity Matters » c’est la même chose que ce qu’il ressentait lorsqu’il était avec ses « chums » de musique. C’est un espace sûr où il se sent vu et où il peut aider les autres à se sentir vus eux aussi.
Il veut que chacun puisse se reconnaître dans le paysage mondial et se sentir à sa place… comme une quenouille émergeant des marécages ou un bouquet de baies rouges sur un sorbier.
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