Les arguments en faveur d’une alimentation plus calorique

Por Madeleine Ortiz

Si nous essayons de perdre du poids, notre premier réflexe peut être de réduire les calories. Les auteurs des nouvelles Lignes directrices canadiennes de pratique clinique de l’obésité chez l’adulte, publiées en août 2020, ont passé des années à examiner les recherches sur les meilleurs moyens de perdre du poids et de ne pas le reprendre. Ils ont conclu que pour la plupart des gens, les régimes hypocaloriques (1 200 calories par jour ou moins) finiront par faire plus de mal que de bien. Donc, avant de télécharger la dernière application de suivi des calories et de fixer un objectif calorique strict, lisez pourquoi moins de calories ne seraient pas vraiment la meilleure chose quand il s’agit de perdre du poids.

La perte de poids n’est pas linéaire.

Vous avez probablement entendu dire que 3 500 calories équivalaient à 454 g (une livre). Si c’est vrai, il semble logique de penser qu’une réduction de 500 calories par jour dans votre régime alimentaire entraînerait une perte de poids régulière de 454 g (une livre) par semaine. Mais malheureusement, ce n’est pas ainsi que fonctionne la perte de poids. « La perte de poids n’est pas linéaire », peut-on lire dans les Lignes directrices. Au fur et à mesure que vous perdez du poids, votre corps (par le biais de modifications de votre métabolisme et de vos hormones) commence à s’adapter et, au bout d’un certain temps, vous devrez réduire des calories supplémentaires afin de maintenir la perte de poids… et une réduction supplémentaire des calories est pratiquement impossible lorsque vous avez commencé par une limite quotidienne restrictive.

La reprise de poids est fréquente.

Même si vous avez reçu un diagnostic d’obésité ou d’un excès de poids, votre corps considère la perte de poids comme une menace et est programmé pour lutter contre elle. Lorsque vous commencez à perdre du poids, votre corps produit naturellement des hormones qui augmentent l’appétit. En fait, des recherches ont montré qu’en moyenne, l’appétit augmente d’environ 100 calories par jour par kilogramme de poids perdu. Les Lignes directrices avertissent que, bien que la restriction calorique conduise à un succès à court terme (6 à 12 mois), ces résultats ne sont pas durables dans le temps. 

Les personnes qui suivent une diète hypocalorique (faible en calories) sont plus susceptibles de faire des excès alimentaires.

Selon les Lignes directrices, les cas de frénésie alimentaire (ou de consommation de très grandes quantités de nourriture dépassant le point de saturation en une seule séance) augmentent chez les personnes suivant une diète hypocalorique (faible en calories). Ces excès de nourriture peuvent nuire à la santé digestive et métabolique et entraîner une prise de poids accrue à long terme. En outre, les personnes souffrant de troubles alimentaires dus à des crises de boulimie ont souvent une incidence plus élevée de troubles anxieux et/ou dépressifs.

La restriction calorique est liée à des troubles de l’alimentation.

Outre la frénésie alimentaire, les Lignes directrices citent une étude qui a révélé que le développement de troubles tels que la boulimie, l’anorexie et la dysmorphie corporelle étaient associés à des antécédents de restriction calorique intentionnelle pour la perte de poids. Ces troubles peuvent entraîner une mauvaise santé, une diminution de la qualité de vie et, dans certains cas, un risque accru de mortalité.

Des conséquences négatives sur la santé du squelette et la force musculaire.

La qualité de vie est étroitement associée à l’équilibre et à la mobilité et l’équilibre et la mobilité sont directement tributaires de la santé du squelette et de la force musculaire. C’est pourquoi les Lignes directrices indiquent qu’il n’est pas bon que les diètes hypocaloriques (faibles en calories) soient parfois liées à une diminution de la santé du squelette et de la force musculaire. Pour certaines personnes, les diètes hypocaloriques sont même associées à l’obésité sarcopénique (excès de masse grasse associé à une réduction de la masse maigre musculaire).

Il existe un risque accru de malnutrition.

De nombreuses personnes qui tentent de suivre un régime hypocalorique se retrouvent avec des carences en micronutriments, notamment, mais pas uniquement, des carences en vitamines D, B12 et en fer. Ces carences peuvent entraîner une diminution de la santé mentale et un affaiblissement de l’immunité. Malheureusement aussi, plus le régime alimentaire est restrictif, plus vous risquez de souffrir de carences en micronutriments.

Si les régimes hypocaloriques ne sont pas la solution, comment puis-je perdre du poids? 

Notre biologie rend la régulation du poids difficile et c’est pourquoi les Lignes directrices vous encouragent à essayer d’écarter le poids de l’équation et à vous concentrer plutôt sur la santé. Nous ne contrôlons pas le résultat de la balance, mais nous pouvons choisir les habitudes qui contribueront à une bonne santé. Il existe de nombreux comportements sur lesquels vous pouvez vous concentrer. Les Lignes directrices recommandent de choisir ceux qui s’intègrent à votre budget et à votre mode de vie à long terme. Parmi les suggestions qu’on y trouve, mentionnons l’augmentation de l’activité physique, la consommation de fibres, le remplacement des aliments ultra‑transformés par des aliments complets et/ou la prise de temps pour s’occuper de sa santé mentale. Il a été démontré que se concentrer sur des comportements que l’on peut contrôler (par opposition à la perte de poids) améliore le métabolisme et la santé globale et augmente la qualité de vie plus que tout régime à calories limitées (et pour plus longtemps). Parlez à votre médecin ou à un autre professionnel de la santé d’un plan de traitement nutritionnel médical qui sera durable et bénéfique pour vous.

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